Ma pratique du mouvement spontané est apparue pendant une méditation immobile en pleine conscience en 2017. J’ai pratiqué sans cesse ensuite avec parfois quelques mois de pause, sans raison ou imposés par ma santé, qui jamais ne m’ont fait reculer dans ma pratique.
Cette ouverture ne semble pas pouvoir se perdre, et depuis que les chants sont arrivés en 2018, si je dois rester immobile, le Yoga se fait tout de même, apportant des états variés.
Le Yoga est un état, et dans cet état, chez moi, ces mouvements arrivent à moi, et ce langage étrange souvent chanté vient à moi. D’autres circuits me sont devenus plus disponibles dans cet état petit à petit, les visions, visuelles, sensitives et auditives, la canalisation… Qui bien sûr étaient déjà présents sous d’autre forme avant, depuis l’enfance.
Nous avons tous cet accès. Les intuitions, ressentir nos proches, les visions et idées originales au moment de s’endormir…
Mais il y a ce Yoga, que j’appelle Yoga parce qu’il ressemble à du yoga la plupart du temps.
Le Yoga spontané arrive a moi
En 2017, je méditais assise sur mon lit et j’ai ressenti une pression, lourdeur dans l’arrière de mon crâne. Il était comme irrésistiblement attiré vers l’arrière. J’avais déjà ressenti cette sensation pendant une séance d’hypnose quelques mois auparavant. J’y avais passé presque l’heure entière à retenir ma tête pour ne pas bouger.
Je continue de retenir ce mouvement durant quelques méditations avant d’enfin laisser faire. Ma tête part vers l’arrière, ma nuque et le haut de mon dos sont extrêmement douloureux à ce mouvement, mais une douleur qui soulage. Mon cou est alors tellement peu musclé que je dois attraper ma tête avec mes mains pour revenir à la verticale.
Je comprends que mon corps veut se soigner.
Je continue assise quelques sessions puis décide de me mettre debout et de laisser faire mon corps entier. Mon corps danse d’abord. Je suis une danseuse dans l’âme, j’ai fait de la danse toute mon enfance et adolescence, avant de danser pendant de nombreuses années la nuit. La danse est l’un de mes plus grands plaisirs, que je m’accordais alors rarement depuis plusieurs années.
Puis les mouvements se font plus techniques et précis.
Il y a ces posture, un équilibre malasana les plantes de pieds jointes, et une autre dont j’apprendrai plusieurs mois plus tard qu’elle est aussi une posture classique de yoga, la salutation.
Dès les premiers instants il n’y a aucun doute, c’est du yoga, mon corps connaît le Yoga.
À cette époque, je suis très fatiguée (pour en savoir plus sur le SFC c’est ici), et souvent ma pratique se finit par un gros dodo en position de l’enfant qui vient me gaufrer le front du motif du tapis. Le corps à ses priorités.. Comme une autre fois, dans une posture qui n’est a priori pas répertoriée, baptisée par une amie « la crevette endormie », sur le ventre, les bras le long du corps, le cou au sol et le visage vers l’avant.. Je n’aurais pas parié sur celle-là pour la sieste !
Mais beaucoup de mouvements de cette pratique ne ressemblent pas à du yoga. Frottements, massages, tapotements, tourner sur moi-même… La base sont des postures, des étirements, du renforcement musculaire avec des postures répertoriées ou non, qui sont du yoga au sens ou on le reconnait, mais dans le « laisser faire » on ne sait jamais ce qui survient. Ni en mouvement, ni en émotions.
L’année suivante, une connaissance me prête un livre, Michael Harner, La voie du chaman. Je suis les instructions en écoutant un enregistrement de tambour chamanique, par Michael Harner, sur YouTube. J’entend des chants, ou plutôt je les sens, ils sont en moi et veulent sortir avec cette même pression irrépressible que celle de ma tête qui voulait bouger. Un peu comme une envie de bâiller, d’éternuer, ou une émotion, que l’on peut contraindre, mais en sentant que ça ne fait pas vraiment du bien. Il faut que ca sorte. Alors je chante, dans une langue incompréhensible, des mots, des sons, une mélodie. Ça me fait du bien, et c’est beau.
A partir de ce moments là les chants se joignent à ma pratique du yoga, ils vont et viennent pendant ma pratique, mais aussi tout au long de la journée. Ils débarquent souvent dans les moments méditatifs comme la marche, le repos, l’endormissement.
Les chants sont d’une grande diversité. Parfois ils sont juste un langage inconnu, le plus souvent ils sont melodieux. Souvent doux, parfois si fort, si puissants, parfois ils m’évoquent la tristesse, parfois la joie.
Comme dans le Yoga spontané, où les mêmes mouvements réapparaissent, dans les chants, les mêmes mélodies et sons reviennent. Avec toujours des surprises, et encore plus dans les soins énergétiques que je donne que dans ma pratique personnelle. Les chants semblent parfois emprunter quelque chose de la personne que je soigne, du pays ou je suis.
Certainement parce que ce qui m’est nécessaire à moi seule est redondant, alors que dans la rencontre avec l’autre je découvre ce qui lui est nécessaire à lui, donc plus de diversité encore s’ajoute.
Je pratique aujourd’hui depuis bientôt 7 ans chaque jours ce Yoga, et il évolue, dans une logique imparable. Une logique qui apparaît sur les mois et les années. Le corps à ses raisons que la raison ignore.