Le chamanisme

Qu’est-ce que le chamanisme ? D’où vient ce mot ?

J’ai lu des chamanes, parce qu’on m’a conseillé des livres à cause des expériences intérieures qui me traversaient, et les livres m’ont trouvée, Castaneda surtout, Luis Ansa, Michael Harner, Taisha Abelar, Jamie Sams..

Passionnants, magiques, toujours très techniques, les écrits ne peuvent rester qu’un aperçu intellectuel de quelque chose qu’il faut vivre et sentir à l’intérieur de soi pour le comprendre. Les chamanes traditionnels ne sont d’ailleurs pas très bavards, car ils savent que leur connaissance n’est pas mentale, loin de l’intellect, loin du « comprendre ».

Chaman, guérison, spirituel

Les chamanes, comme les yogis et les adeptes d’autres courants ésotériques, sont des humains dans l’éveil spirituel. Ils vivent une initiation qui a pour but de défaire leur égo pour laisser surgir la partie de soi reliée au Tout. Cette partie qu’ils doivent d’abord utiliser pour se guérir eux-mêmes, pour ensuite pouvoir guérir les autres grâce à un état de conscience modifié.

Le chamanisme d’aujourd’hui est plus multiple que jamais, alors pour le comprendre, il faut revenir d’abord au mot chamane.

Origine du mot chamane

Le mot chamane vient du toungouse, une langue sibérienne et désigne une personne qui réunit les qualités de prêtre, de médecin et de magicien.

Il faut savoir que dans ces pratiques locales, le rôle de prêtre a pu être joué par des non-chamanes.

Ce mot désigne au départ le personnage d’une tradition ancestrale sibérienne, mais il est aujourd’hui utilisé pour désigner les guérisseurs du monde entier, et particulièrement ceux utilisant certaines techniques ancestrales. Des traditions américaines, africaines, australiennes, mais aussi les chamanes modernes, qu’ils soient attachés ou non à une tradition. Il remplace donc souvent, et de façon plus ou moins juste, les mots des autres langues, cultures et époques et leurs spécificités : druide, marabout, sorcier, guérisseur.. le chamanisme se retrouvant partout autour de la planète.

« Chamane » est devenu le mot de référence américano-européen pour désigner un type (varié) guérisseur en connexion avec les mondes subtils. Selon sa tradition, son courant, ses rencontres, ses apprentissages, il connaît les plantes, utilise les plantes, le tambour, le chant, des huttes de sudation, la parole, le toucher.. Aujourd’hui aussi bien folklorique que défait de tout folklore, le chamanisme revêt des formes diverses, mais son savoir comprend toujours un accès aux états de conscience modifié, aux différents mondes, et il œuvre pour la guérison en emmenant le patient, ou l’élève, vers des états modifiés de conscience.

Qu’est-ce qu’un chamane ?

Le chaman détient un savoir matériel et spirituel qui permet de guérir la maladie (quand ça fonctionne). Ce savoir va au-delà du monde physique et psychologique qui règne aujourd’hui en maître dans la science occidentale.

Comme le mot chamane est ancestral, de nombreuses personnes s’accordent à utiliser « néochaman » pour désigner les chamanes actuels dont les apprentissages et techniques peuvent venir de diverses traditions.

Le chaman est au service de sa communauté, son rôle est le bien de tous, la guérison, la cohésion.

« Je définis le néochaman comme une personne moderne vivant dans une réalité illimitée menant à l’extase qui la conduit à un pouvoir personnel et au sacrifice pour le bien de sa communauté. » Béatrice Pattee

La perception de multiples réalités

Le chaman a établi un contact avec le monde subtil, c’est ce que son apprentissage lui a appris. Il le met en œuvre chaque fois qu’il guérit.

La pensée occidentale et moderne s’est éloignée des mondes subtils contactés par les chamans. Si dans certaines cultures, ils étaient indissociables, la pensée européenne des lumières, mécaniste, a séparé le corps et l’esprit, et quasiment anéanti la possibilité d’autres perceptions, les relèguants au mieux à l’inspiration, au pire à la folie. La perception de multiples réalités est la base de tous les chamanismes.

« La perception de deux réalités est typique du chamanisme, même si quelques philosophes occidentaux se sont longtemps élevés contre cette division entre le monde ordinaire et le monde invisible chez les peuples primitifs, sous le prétexte fallacieux que ces peuplades sont incapables de faire la différence entre les deux. » Ake Hultkrantz

Ce qui n’empêche pas pour autant les chamanes traditionnels d’avoir recours également à des remèdes considérés comme tout à fait physiologiques, comme des plantes, dont la science valide aujourd’hui largement les bénéfices.

Le chamanisme ne sépare pas les mondes subtils et physiques, il travaille avec eux pour rééquilibrer le tout, car tout est lié.

Il y a différentes possibilités de vision du monde et le chaman travaille avec toutes ou partie, selon sa méthode et le cas (définition appuyée sur celle du chamanisme polynésien de Serge King) :

  • Le monde objectif (qui est la vision occidentale), « tout est séparé » : La naissance et la mort, les événements, les différents types de thérapies agissent indépendamment, les organes, le corps et l’esprit sont considérés séparés. La thérapie du monde mécaniste est celle de la médecine occidentale, nutrition, phytothérapie, médicaments, chirurgie.
  • Le monde subjectif, « tout est lié » : Les évènements sont synchrones, le hasard n’existe pas ; tout est écologie, chaque élément de la vie, plantes, animaux, minéraux, êtres humains sont liés ; les pensées ont un impact dans la matière. La thérapie subjective est télépathique et énergétique (par les mains ou autre).
  • Le monde symbolique, « tout n’est que symbole » : C’est l’imagination, l’inspiration, l’intuition, les présages, les rites, les rêves. Les rêves sont des symboles, la réalité est un rêve, on décide de la signification des choses. La thérapie symbolique est faite de prières, de suggestions, c’est l’hypnose, la neurolinguistique, les placebos, les amulettes, les talismans, les offrandes.
  • Le monde holistique, « tout est un » : conscience cosmique, sens de l’identité étendue. La thérapie holistique c’est le transfert, le chaman défait la maladie en se synchronisant avec le malade et l’ »efface ».

Pour se mouvoir facilement et avec efficacité d’un monde à l’autre, il est indispensable au chaman d’abandonner les postulats de chaque monde – et les analyses critiques qui en découlent – avant de pouvoir se déplacer vers un autre totalement différent. C’est là que la destruction de l’égo est nécessaire. Il faut une grande pratique pour que ce processus devienne automatique.

Ces différents mondes peuvent être compris comme différents états de conscience.

L’accès aux états de conscience modifiés est accessible à tous, ouvrir son esprit, s’entraîner, ou juste réaliser que nous y sommes plusieurs fois par jour sans aucun effort! Mais sommes nous tous chamanes?