11 avril 2021, complété le 25 juin 2024
La paix intérieure, ce n’est pas d’être toujours joyeux et d’être toujours heureux. La douleur, la peine, le malheur, des événements désagréables, les émotions négatives, les sensations désagréables font partie de la vie et surviennent souvent parce qu’on perd quelque chose de beau. Elles existent pour une raison et la paix intérieure ne les enlève pas, ne les supprime pas. Enfin, pas où j’en suis en tout cas. C’est le regard sur les émotions qui change. Dans ces moments difficiles, les émotions surviennent, en les regardant, on les traverse, mais la paix reste intacte, le bonheur d’être ici, d’être en vie et même le bonheur de vivre ces émotions-là peut survenir.
Pourquoi vit-on des émotions négatives ?
Pour la survie d’abord, en tant que bébé, puis par répétition de ce système de survie, social, que l’on peut nommer égo.
Alors, on attire ce que l’on est, nos croyances de survies. On reproduit notre schéma psychoaffectif familial et culturel sans cesse jusqu’à ce qu’on comprenne que ce système nous dirige, et alors, on commence à faire la lumière sur les ombres pour ne plus vivre en boucle ces schémas.
La loi de l’attraction
La loi de l’attraction parle de ce schéma, de ces croyances qui tout simplement vont nous faire fuir ce qui sort de notre schéma. Si l’amour de mes parents était fait de hauts et de bas intenses, je vais automatiquement fuir le calme. Ceci car la tempête est inscrite comme quelque chose d’essentiel à ma survie en moi, alors je me dirigerais vers des gens qui provoquent la tempête. Cela tout à fait inconsciemment, pensant même peut-être que tout le monde est comme ça, puisque je ne suis entouré que de ça. Et cela fonctionne pour toutes nos actions, rencontres.. tant que la lumière n’est pas faite sur chaque ombre. Le travail d’une vie certainement.
Dans la loi de l’attraction, l’univers, ne nous n’envoie pas ce que l’on pense consciemment de soi-même. On attire ce que l’on est. Et ce que notre inconscient est peut être plus que ce que nous croyons être, et qui peut être très éloigné de ce que nous imaginons de nous.
La pensée construit ce que l’on est certes. La façon dont on s’imagine est assez rigide, il est difficile de se penser d’une nouvelle manière, et de changer son rapport au monde, et de changer ses habitudes en général. On peut aussi ne pas se penser, ne pas se définir ou ne pas savoir se définir. Mais rarement, on ne pense pas l’autre. Et il y a là un chemin de réflexion important.
La projection et le déni
Notre pensée vers les autres reflète en grande partie ce que nous « pensons » de nous, ou nous cachons à nous même. Cela s’appelle la projection en psychologie. On projette sur l’autre en grande partie ce que l’on pense de soi, et la manière dont l’être humain a pu agir avec nous par le passé aussi. Laissant finalement peu de place au présent.
La relation amoureuse est un très bon exemple de projection positive. Pendant les premiers temps, on idéalise l’autre, on crée une image de la personne sans la connaitre, on s’attache à cette image, puis, la découverte de la vérité avec le temps qui passe peut-être difficile à intégrer.
On pense toujours du bien de soi-même, un minimum, car l’envie de vivre en est dépendante, et il peut être impossible de voir certains de nos mauvais aspects, ou de notre vie, car l’équilibre psychique se trouve alors en danger.
C’est le déni. Le déni est extrêmement courant, dans la relation à soi-même comme dans les relations interpersonnelles. On peut s’imaginer en positif ou en négatif, mais si le négatif l’emporte, c’est la dépression. On peut projeter autant le positif que le négatif sur les autres.
Le déni est une sorte de mini dissociation. Notre psychisme, pour sa sauvegarde (car c’est bien initialement une question de survie), nie une partie de ce que nous sommes, positive ou négative, car pour être aimé en tant qu’enfant, des aspects positifs aussi bien que négatifs peuvent devoir être niés.
Un exemple simple de déni instantané assez courant : Une dispute survient avec quelqu’un à qui je tiens, je ne me souviens pas de ce que j’ai dit, ou l’autre me rapporte des mots que je suis sûr de ne pas avoir dit. Ici, ma violence m’est juste tout à fait intolérable, alors mon psychisme s’est dissocié pour sauvegarder une image de moi aimable.
Un autre type de déni est celui de nier l’impact que l’on peut avoir sur les autres, le but est le même, préserver cette image de soi construite pendant l’enfance, l’égo.
Les personnes violentes avec leur entourage sont souvent dans le déni de l’impacte de leur violence. Les « c’est pour son bien » ou « j’ai vécu la même chose et je vais bien » justifient souvent l’injustifiable.
Éclairer ses ombres
Une bonne manière d’éclairer ses ombres est d’observer les émotions négatives intenses que nous pouvons ressentir pour d’autres personnes, et les jugements.
Si l’on déteste quelqu’un, quelque chose, un groupe de personne, … avec beaucoup de colère en soi ; il y a alors de grande chance que nous projetions vers l’extérieur quelque chose d’intolérable que nous ressentons pour nous-mêmes, ou que nous avons ressenti par le passé dans une relation constructive de ce que nous sommes. Ce mouvement vise toujours à répéter un schéma psychoaffectif.
La colère est utile si elle porte à l’action pour résoudre ce qui la provoque, mais on peut aussi régler ce même problème sans ressentir la colère plus d’une fraction de seconde. Les émotions négatives sont là pour nous avertir, pas pour nous détruire.
Mais beaucoup de situation de colère ou d’autres émotions négatives (tristesse, inconfort, gène, …) perdurent longtemps, créant un stress considérable, et menant plus ou moins directement à la maladie.
Ces émotions récurrentes ont le seul but de satisfaire un système appris dans le passé pour sa survie en tant qu’enfant, ou parfois adulte en cas de traumatismes.
L’univers nous envoie à vivre ce qui est le reflet de ce que nous nous faisons vivre nous-mêmes, mais nous ne sommes pas forcément conscient de notre vie intérieure… le psychisme est bien compliqué !
Attirer ce que l’on souhaite, le bonheur
Dès que l’on change sa façon d’être profondément, que l’on éclaire les zones d’ombres, que l’on comprend où est notre responsabilité, la façon de penser les choses et de les accepter change. Lorsque le déni s’envole, tout change.
Dès que, profondément, je suis prêt à lâcher une émotion, ou ne plus accepter une situation, une transformation se fait.
Souvent cette transformation nécessite d’être prêt à perdre quelque chose. Par exemple, si je ne veux plus être en colère, je peux perdre l’objet de ma colère… qui peut être mon conjoint ! Car lui ne changera pas forcément son système, et la relation basée sur la colère s’effondrera peut-être. Ici, on peut bien ressentir le danger dont je parle plus haut, car la relation amoureuse est ce qui reproduit le plus le système psychoaffectif de l’enfance.
Par contre, si l’on est en colère contre les pollueurs, défaire la colère récurrente n’empêchera jamais d’agir, ni au quotidien, ni dans des associations… Mais si la seule source d’investissement émotionnel dans cette action est la colère, et non l’empathie, ou l’amour pour la planète et les êtres vivants, alors le danger ressentit de perdre la colère peut être grand. Le mouvement inconscient serait alors « si je ne suis plus en colère -> Je m’en fous de la planète -> Je ne suis plus la même personne -> Je perds mon groupe social attaché à cette partie de moi ».
Bien sûr, j’ai pris un exemple plutôt simple et caricaturale, mais cela peut s’appliquer à bien des situations.
L’amour bienveillant pour faire la balance
C’est pourquoi développer l’amour bienveillant envers soi-même et tout le reste, est toujours une bonne idée. Car si l’on perd le négatif sans savoir appliquer le positif, l’émotion ressenti dans une situation peut simplement se projeter sur une nouvelle situation.
Pour ne plus avoir telle émotion/situation négative récurrente dans sa vie, il faut être prêt à faire des efforts, à ne plus accepter de quelque manière que ce soit que cette émotion perdure. Pour cela, il faut aussi accepter que c’est bien nous la première victime, que cette émotion négative que nous ressassons sans cesse nous nuit d’abord à nous-mêmes. Et que nous pouvons nous aimer avec nos ombres. Alors tout peut changer.
Quelles sont les limites de ce que nous acceptons et de ce que nous n’acceptons pas de nous-mêmes et de l’autre ? De quelle manière nous comportons avec nous-mêmes et avec les autres ? Quelles sont nos pensées et émotions envers nous-même et envers les autres ?
Le moyen le plus sûr peut-être d’en juger et de se demander si à chaque instant, nous sommes dans un amour inconditionnel envers nous-mêmes, tout en étant absolument responsable de nos pensées, de nos actes, de nos agissements.
Nous pouvons aimer les parties de nous qui nous font du mal et nous mettent dans des situations inconfortables, car elles sont nées pour une bonne raison : nous maintenir en vie. Et les regarder avec amour permet de mieux s’en détacher, regarder les émotions avec plus de distance, de travailler dessus, de trouver leur source.
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Le psychisme est complexe et aucun de ces fonctionnements n’est applicable à tout chez tous. Les cas particuliers sont l’unique règle chez l’être humain, tant en médecine qu’en psychologie.