Les ombres, l’égo, la paix

Les ombres, ces parts de nous inconnues de nous-mêmes. Ces parts de nous qu’il faut éclairer pour changer, pour aller mieux, pour s’assagir, pour pouvoir entrer en contact avec le Soi, le reste, le Tout, ce qui n’est pas soi, ce qui n’est pas mental. Peut-être pour pouvoir vivre le Bonheur réel aussi, celui qui peut traverser toute la vie, sans s’entacher de l’insatisfaction.

Ces ombres, ce sont la violence, la méchanceté, le jugement.. qui existent en chacun de nous. La plupart du temps notre violence s’exprime loin de sa cible, par la médisance, la critique.. et parait sans impact, alors nous en sommes assez conscients. Mais très peu du fait que nos pensées nous impactent d’abord nous-mêmes, puisque notre monde mental impacte directement le corps.

Et puis il y a la violence que l’on s’inflige à soi et à ceux que l’on aime. Celle-là nous est le plus souvent invisible, impossible à saisir dans sa vérité, car bien trop réflexe et douloureuse à voir.

Réflexe, parce qu’elle fait partie de nos schémas initiaux, les schémas d’attachement. Ces ombres sont la reproduction d’un système de réaction en émotion et en pensée bien loin de la réflexion, du choix et de l’envie.

Et ces réflexes nous restent le plus souvent totalement invisibles, pour nous protéger, car les voir peut entraîner une douleur immense. Voir notre part de responsabilité dans la douleur de soi et de ceux que l’on chérit est insupportable. Alors, on se ment à soi-même, c’est le déni.

C’est l’égo qui fait à la fois les ombres et le déni. Il s’est construit pour maintenir un système social, familial au départ, dont notre survie dépendait. Et le déni sert à maintenir l’image de soi nécessaire pour se sentir quelqu’un de bien. Quelqu’un qui correspond à l’image dont nous avons besoin pour nous sentir aimé suffisamment pour survivre. C’est-à-dire aussi correspondre à ce que d’autres attendent de nous. La famille, le groupe social proche, la société.. Et cela est extrêmement complexe et invisible à nos propres yeux. L’égo est complexe.

La méditation dans l’action, la présence dans l’instant permet de voir ce qu’il se passe en nous et de ne plus nier, de ne plus se mentir à soi-même. Petit à petit, mois après mois, années après années. Toutes les méthodes d’analyse et d’observation de soi le permettent. De la psychanalyse à la méditation.

Le chemin spirituel est une destruction de l’égo, celui qui veut quelque chose d’autre que ce qui est. Et cela semble être le seul chemin vers la paix réelle avec soi et les autres, puisqu’il est impossible d’être en paix à la fois avec soi et les autres s’il y a violence et déni.

Sur ce chemin se trouve souvent le regret, le remord et la culpabilité, car devenir entièrement conscient et responsable de ses actes et pensées fait réaliser tout le mal qui a été fait, et qui est encore fait. À nous-mêmes et aux autres, lorsque la conscience, la présence et l’intention sont absentes, lorsque nos schémas réflexes négatifs sont à l’action.

La paix ne surviendra pas sans voir l’horreur qui réside en nous-même.

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