L’égo est bousculé par ce non-faire qu’est le mouvement spontané. Ce Yoga qui me traverse décide à ma place, à la place du mental qui a toujours pensé tout diriger et choisir.
Le reflet de l’égo est le mental, celui qui veut, croit, qui a la volonté de ; et donne l’impulsion de l’action, tel que nous l’avons appris depuis toujours. Tout en sachant bien à la fois que ni nos poumons ni nos cellules n’ont besoin de cette construction mentale pour respirer.
Ici le mental ne peut rien à part s’éclipser et faire l’effort d’apprécier ce qui se passe. Il devient observateur. Le non-faire c’est observer le mouvement de la vie en soi. On peut observer seulement ou laisser faire.
Quand je parle de non-faire, il s’agit bien de laisser faire une autre partie de soi. Le mental ne fait pas, mais le Soi agit. Du laisser-faire nait le non-faire, et alors dans ce moment, nous sommes alignés au Tout.
Le mental devient l’observateur, celui même qui est décrit par tant de traditions de méditation qui nous enjoignent à observer pour découvrir ce qui sous-tend l’existence, le mouvement de la Vie.
Dans la méditation, on tente de ne rien faire, de concentrer son esprit sur l’observation d’un point, lorsque son plus grand plaisir (habituel) est de s’agiter dans tous les sens, de sauter d’un sujet à l’autre.
Mais finalement, s’il faut regarder, observer, être présent dans l’instant. Cesser de penser importe peu, mais il faut cesser de vouloir.
Il faut de la volonté. La volonté de s’éclipser, de ne pas vouloir, de ne pas faire, de ne pas être. Ne pas être ce que je pense être ou qui je pense être.
C’est la volonté de laisser l’inconnu me traverser et agir à travers moi, d’être l’observateur et de découvrir l’expérience. L’égo n’a plus sa place ici.
Ce laisser-faire est une forme de volonté qui relève de la disparition plus que de l’action.
Ce laisser-faire peut-il être dangereux ? Le non-faire, la ou les transes sont-ils une sorte de possession ? Une question abordée dans cet article.